Missile et demande de défense aérienne : la stratégie de construction du système de défense aérienne et antimissile intégré britannique
Évaluation des menaces, lacunes de capacités et approches politiques dans une perspective géostratégique - en se concentrant sur la flotte du Nord russe et le défi de la prolifération mondiale des missiles
Detail
Published
23/12/2025
Liste des titres des chapitres clés
- Qu'est-ce que le système intégré de défense aérienne et antimissile (IAMD)
- Analyse de la situation des menaces de missiles
- Le potentiel de frappe de missiles de la Flotte du Nord russe
- Priorisation des menaces pour le Royaume-Uni métropolitain et ses bases outre-mer
- Synergie entre les mécanismes de dissuasion et la défense antimissile
- Voie de construction du système intégré de défense aérienne et antimissile du Royaume-Uni
- Stratégies d'amélioration des capacités de perception de la situation
- Plan de renforcement des capacités de guerre anti-sous-marine (ASW)
- Développement des capacités de suppression/destruction des défenses aériennes ennemies (S/DEAD)
- Intégration du réseau de commandement et contrôle (C2)
- Optimisation de la couverture défensive et des niveaux du système d'interception
- Mesures de protection des stocks de missiles et des infrastructures
Présentation du document
Avec le développement et la prolifération des technologies de missiles, les menaces aérospatiales auxquelles le Royaume-Uni est confronté deviennent de plus en plus complexes et diversifiées. Le risque de frappes de missiles provenant notamment de la Flotte du Nord russe devient de plus en plus prononcé, incitant le Royaume-Uni à réexaminer l'urgence de renforcer ses capacités de défense aérienne et antimissile. Cependant, il manque encore un consensus clair au Royaume-Uni sur les besoins fondamentaux, les priorités capacitaire et la voie de développement de son système de défense aérienne et antimissile. Cette ambiguïté stratégique constitue une faiblesse potentielle pour la sécurité nationale.
Ce rapport utilise le système intégré de défense aérienne et antimissile (IAMD) comme cadre d'analyse central. Basé sur une méthode d'évaluation axée sur les menaces, il examine systématiquement l'évolution historique, les défis actuels et les besoins futurs de la défense aérienne et antimissile britannique. Le rapport clarifie d'abord le concept fondamental de l'IAMD, soulignant son essence qui, par l'intégration des capteurs, des moyens d'engagement non létaux et des systèmes d'engagement létaux via un réseau de commandement et contrôle (C2), permet une synergie efficace entre l'évaluation des menaces et l'affectation des armes (TEWA), le distinguant ainsi des modèles traditionnels fragmentés de défense aérienne et antimissile.
Dans la partie évaluation des menaces, le rapport analyse en détail la menace composite posée par les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) russes à capacité nucléaire et conventionnelle, les missiles balistiques lancés par sous-marins (SLBM) et les missiles de croisière conventionnels. Il décompose la configuration en missiles des 26 sous-marins et 11 principaux navires de surface de combat de la Flotte du Nord russe (totalisant plus de 800 missiles d'attaque), et s'intéresse aux défis à moyen et long terme posés par le développement des capacités de missiles de pays comme l'Iran et la Chine. Parallèlement, le rapport établit une priorisation des menaces pour les infrastructures militaires essentielles du Royaume-Uni métropolitain, ses bases outre-mer et ses forces déployées.
Le rapport examine en profondeur les lacunes capacitaire du système actuel de défense aérienne et antimissile du Royaume-Uni, notamment l'insuffisance de la perception de la situation, l'affaiblissement des capacités de guerre anti-sous-marine, l'absence de capacité de suppression des défenses aériennes ennemies, l'insuffisance des stocks de missiles et la fragmentation du système de commandement et contrôle. Sur cette base, il propose une voie stratégique combinant défense et attaque avec des investissements ciblés : d'une part, supprimer les plateformes de lancement ennemies en renforçant la perception de la situation dans la région arctique, en modernisant l'équipement de guerre anti-sous-marine et en développant des armes anti-radiations hypersoniques ; d'autre part, construire un système d'interception à plusieurs couches, optimiser le réseau de commandement et contrôle, augmenter les stocks de missiles et renforcer la protection des infrastructures critiques.
Le rapport souligne que les caractéristiques géographiques du Royaume-Uni déterminent l'unicité de ses besoins en matière de défense aérienne et antimissile, et qu'il ne doit pas copier aveuglément les modèles d'autres pays. Un système intégré de défense aérienne et antimissile efficace doit réaliser une synergie organique entre la dissuasion stratégique et les capacités défensives, tout en maîtrisant les coûts du budget de la défense, afin de maximiser l'avantage stratégique et de contribuer aux capacités essentielles pour la sécurité du territoire britannique, la protection de ses intérêts outre-mer et la défense collective de l'OTAN.