Files / Technologie émergente

Étude du scientifique en chef de l'OTAN : Guerre cognitive

Sur la base des activités de recherche de l'OTAN Science and Technology, l'environnement stratégique de la guerre cognitive, les réponses de l'OTAN et les besoins technologiques clés sont analysés dans le but de fournir aux décideurs de l'Alliance des informations fondées sur des données probantes et des orientations opérationnelles.

Detail

Published

19/01/2026

Liste des titres des chapitres clés

  1. Préface
  2. Environnement stratégique
  3. La résurgence de la guerre cognitive
  4. L'approche de l'OTAN face à la guerre cognitive
  5. Activités de recherche du STO sur la guerre cognitive
  6. Collaboration avec d'autres entités de l'OTAN
  7. Conclusion

Présentation du document

Ce rapport fait partie de la série des rapports du Chief Scientist de l'OTAN, conçus pour fournir aux hauts responsables politiques et militaires de l'Alliance des perspectives claires et fondées sur des preuves concernant les développements scientifiques et technologiques. Il traduit des recherches complexes en analyses exploitables pour aider l'Alliance à anticiper les ruptures technologiques potentielles, identifier les éventuels déficits capacitaires et procéder à des ajustements stratégiques, façonnant ainsi l'environnement de sécurité et l'espace de bataille futurs. Le contenu est entièrement basé sur les recherches et analyses menées par l'Organisation pour la science et la technologie de l'OTAN (STO) et ne représente pas la position officielle de l'OTAN ou de tout gouvernement membre.

Aujourd'hui, l'OTAN évolue dans un environnement stratégique imprévisible, où des concurrents stratégiques et des adversaires potentiels exploitent l'ouverture et l'interconnectivité des sociétés occidentales pour cibler la sécurité des citoyens alliés par des tactiques hybrides. Le rapport souligne que la compréhension du comportement humain et de la cognition sous-jacente est cruciale pour la prise de décision stratégique et militaire. Que ce soit pour améliorer sa propre conscience situationnelle, son jugement et sa planification, ou pour mieux anticiper, manipuler et comprendre les actions adverses, l'OTAN reconnaît de plus en plus la nécessité d'approfondir la compréhension de la cognition humaine. Avec l'émergence d'outils d'intelligence artificielle avancés et la menace croissante d'attaques hybrides visant à manipuler l'opinion publique, investir dans nos capacités actuelles et futures de défense et de conduite de la guerre cognitive n'a jamais été aussi important.

Le rapport analyse d'abord les macro-tendances qui façonnent l'environnement stratégique de l'OTAN, en particulier la fragmentation de la confiance du public. De nombreux acteurs de la menace utilisent depuis longtemps des tactiques instrumentalisées pour influencer nos perceptions et notre prise de décision. La propagande, la tromperie, l'ingérence et la manipulation sont des tactiques employées par les adversaires de l'OTAN pour altérer la cognition et le comportement des citoyens alliés à leur profit. Ces acteurs exploitent les libertés et protections garanties par les démocraties pour mener la guerre cognitive. Le rapport illustre, par les actions de la Russie avant et pendant l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en 2022, que la guerre interétatique moderne peut être à la fois une guerre d'attrition et une guerre touchant l'esprit humain via les technologies de l'information numérique, soulignant l'importance de la dimension cognitive dans la guerre.

Dans ce contexte, l'OTAN s'est clairement engagée à renforcer ses capacités en matière de guerre cognitive. Le Concept opérationnel suprême de l'OTAN 2021 décrit cinq impératifs de développement opérationnel à long terme pour réaliser les tâches fondamentales de l'Alliance, dont deux - l'avantage cognitif et l'influence, et la projection de force - s'appuient largement sur les principes de la guerre cognitive. Le Concept stratégique de l'OTAN 2022 souligne également l'importance de la résilience nationale et collective pour toutes les tâches fondamentales. L'Organisation pour la science et la technologie de l'OTAN (STO) joue un rôle clé dans l'amélioration de la préparation de l'Alliance en menant des recherches fondées sur des preuves pour contrer la guerre cognitive, soutenant ainsi les décideurs militaires et politiques dans une prise de décision efficace et l'obtention d'un avantage cognitif sur les adversaires en temps de paix, de crise et de conflit. En 2022, le Comité pour la science et la technologie de l'OTAN a identifié la guerre cognitive comme un défi de recherche stratégique dans son programme de travail coopératif.

La partie centrale du rapport détaille les activités de recherche du STO sur la guerre cognitive. Depuis son identification comme domaine de défi, 20 activités de recherche liées à la guerre cognitive ont été établies, rassemblant l'expertise conjointe de plus de 200 experts de 26 pays alliés et partenaires de l'OTAN. Une communauté d'intérêt sur la guerre cognitive a également été créée, se réunissant régulièrement pour discuter et identifier les besoins de recherche. Les activités du STO ont défini trois fonctions globales de la guerre cognitive et ont mis en évidence les besoins scientifiques et technologiques ainsi que les capacités émergentes nécessaires pour développer davantage de connaissances et de compréhension afin de se défendre contre la guerre cognitive : 1. Dégradation des capacités adverses pour réduire leur capacité à influencer et modifier le comportement allié, assurant ainsi la prise de décision et l'avantage cognitif des Alliés. 2. Amélioration de la cognition humaine et technique pour élever les capacités cognitives au-delà du niveau de référence actuel. 3. Maintien de la résilience pour résister et retrouver son efficacité opérationnelle face aux menaces cognitives, en préservant les performances.

En conclusion, le rapport indique que la guerre cognitive restera sans aucun doute un thème de recherche clé dans les travaux actuels et futurs du STO pour soutenir les missions fondamentales de l'OTAN. L'Alliance doit investir dans la science et la technologie pour se défendre contre les menaces de guerre cognitive, ce qui inclut de comprendre la science, les défis et les opportunités liés à la guerre cognitive contre les adversaires. Il est crucial d'approfondir la compréhension de la relation entre cognition et technologie et de sa potentielle instrumentalisation. Une compréhension plus large des acteurs de la menace, de leurs tactiques, techniques et procédures est nécessaire pour garder une longueur d'avance dans le domaine cognitif. Grâce à une recherche et une coopération continues, l'OTAN vise à renforcer sa capacité à répondre aux défis de sécurité émergents de manière agile et coordonnée.