Files / Le Canada

Lines of Defence: A Policy Agenda for Canada's Defence Capabilities

Un programme de politique systématique visant à moderniser la capacité de défense du Canada, fondé sur les normes de l'OTAN et les réalités géostratégiques, couvre les cinq piliers budgétaires, d'approvisionnement, d'équipement, de menaces émergentes et de souveraineté arctique.

Detail

Published

29/01/2026

Liste des titres des chapitres clés

  1. Résumé exécutif
  2. Introduction
  3. Pilier 1 : Aperçu des dépenses de défense et croissance budgétaire incrémentale
  4. Pilier 2 : Accélération des acquisitions
  5. Pilier 3 : Équipement moderne et amélioration de l'état de préparation
  6. Pilier 4 : Réponse aux menaces émergentes
  7. Pilier 5 : Protection de la souveraineté arctique
  8. Conclusion

Présentation du document

Dans un contexte de climat géopolitique de plus en plus tendu, d'évolution rapide des menaces et de pressions des États-Unis pour que les alliés assument un plus grand fardeau de défense, la reconstruction des capacités de défense du Canada est devenue une nécessité pour éviter un désavantage stratégique. Ce rapport, rédigé par un groupe de travail politique convoqué par l'Association canadienne pour l'OTAN, vise à évaluer les options politiques pour renforcer les capacités de défense du Canada de manière durable et efficace. Son objectif central est de proposer un programme politique systématique pour relever les défis du Canada en matière de dépenses de défense, de modernisation des équipements, d'efficacité des acquisitions, de menaces émergentes et de souveraineté arctique.

La structure du rapport s'articule autour de cinq piliers politiques. Le premier pilier analyse en profondeur l'état actuel des dépenses de défense du Canada et les compare à celles des alliés de l'OTAN. Le rapport note que, bien que le Premier ministre canadien Mark Carney ait annoncé en 2025 avoir atteint l'engagement de dépenses de défense à 2% du PIB, le Canada reste l'un des huit membres de l'OTAN qui n'ont pas encore atteint cette norme. Cela est principalement dû à sa structure de personnel allégée et à ses faibles investissements dans des projets à forte intensité capitalistique (comme les infrastructures ou la R&D). Par rapport aux alliés ayant récemment atteint l'objectif, l'investissement du Canada dans les principaux équipements (18,6% des dépenses de défense en 2025) est également inférieur à l'objectif de 20% de l'OTAN. Par conséquent, le rapport recommande l'élaboration d'un cadre structuré et opérationnel pour soutenir un plan de croissance budgétaire, visant à atteindre progressivement les objectifs de 2% et 20% tout en maintenant la responsabilité fiscale.

Le deuxième pilier se concentre sur la réforme et l'accélération des processus d'acquisition des Forces armées canadiennes. Le rapport critique le système actuel, entravé par des inefficacités bureaucratiques, et propose une série de mesures de réforme. Les recommandations clés incluent la consolidation de l'autorité d'acquisition sous le ministre de la Défense et l'octroi de dérogations sélectives aux couches bureaucratiques qui augmentent les coûts. Les réformes visent à garantir que les besoins opérationnels soient supervisés par des experts techniques et que les nouveaux équipements puissent être déployés rapidement aux unités de première ligne. Ces mesures sont considérées comme des solutions transitoires efficaces en attendant une restructuration gouvernementale à plus long terme.

Le troisième pilier détaille comment allouer le budget de défense élargi de manière à optimiser le rapport coût-efficacité pour améliorer les capacités fondamentales des Forces armées canadiennes dans tous les domaines d'opérations. Compte tenu de la part élevée de ses dépenses de fonctionnement, les fonds militaires devraient être principalement consacrés à combler les lacunes critiques en capacités, notamment une flotte de sous-marins modernes, des stocks de munitions, des systèmes d'artillerie, le recrutement de personnel et les infrastructures de base. Des investissements substantiels dans ces domaines clés contribueraient à faire progresser les dépenses en équipement vers l'objectif de 20% et à soutenir davantage l'objectif global de 2% du PIB. Le rapport recommande également d'améliorer la capacité d'innovation et d'assurer les meilleures pratiques de gestion des nouveaux actifs grâce à des partenariats avec les alliés de l'OTAN et les universités canadiennes.

Le quatrième pilier propose le déploiement de solutions de défense technologiques pour renforcer la capacité du ministère de la Défense à répondre aux menaces émergentes et multidimensionnelles. Les mesures spécifiques comprennent la réduction des écarts technologiques par le renforcement des infrastructures numériques, le développement de capacités de défense et de surveillance spatiales, et le renforcement de la coopération avec la société civile pour contrer les menaces non traditionnelles comme le changement climatique. En élargissant ses capacités et en acquérant une expertise, les Forces armées canadiennes pourront concevoir rapidement des réponses flexibles.

Le cinquième pilier se concentre sur le débat permanent concernant la protection du territoire arctique canadien contre une érosion future par l'établissement d'une forte présence militaire dans la région. Les initiatives proposées incluent l'établissement d'une base militaire CFB Iqaluit au Nunavut, la modernisation des ports arctiques clés, l'établissement d'une présence permanente de troupes conventionnelles et l'accélération de l'acquisition d'actifs de défense aérienne. En comblant cette lacune critique dans la défense du continent nord-américain, le rapport prévoit d'atténuer les préoccupations des États-Unis et d'étendre la dissuasion de l'OTAN à des zones auparavant non menacées.

En résumé, les recommandations politiques de ce rapport visent à moderniser les capacités des Forces armées canadiennes, à consolider la défense territoriale du Canada, à minimiser les inefficacités causées par la bureaucratie et à restaurer la relation précieuse entre la société canadienne et ses défenseurs. Toutes les analyses sont basées sur un examen des données officielles de l'OTAN, des documents de politique de défense du Canada et des déclarations publiques, offrant ainsi au public professionnel une feuille de route politique concrète, cohérente et exploitable.