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Demande de financement autonome pour l'exercice du président Trump

Réduire les dépenses hors défense en se concentrant sur la défense, l'espace et la sécurité des frontières : une analyse des priorités politiques basée sur les données sur les autorisations budgétaires

Detail

Published

07/02/2026

Liste des titres des chapitres clés

  1. Support au vol spatial
  2. Tableau 1 : Demande proposée pour l'exercice 2026 par catégorie de discrétion
  3. Tableau 2 : Demande de financement discrétionnaire pour l'exercice 2026 par agence principale

Présentation du document

Ce rapport, basé sur le document de demande de financement discrétionnaire du gouvernement fédéral pour l'exercice 2026 soumis par l'administration Trump, vise à analyser les priorités stratégiques et les orientations politiques de l'allocation budgétaire. Dans un contexte de réduction globale des dépenses discrétionnaires par rapport à l'exercice 2025, cette demande budgétaire accorde des investissements significatifs à la défense, à la sécurité intérieure et à des domaines stratégiques spécifiques, tout en procédant à des réductions substantielles pour de nombreux départements et programmes non liés à la défense, reflétant clairement les priorités du gouvernement actuel dans un cadre d'austérité budgétaire.

La structure centrale de la demande budgétaire s'articule autour du financement discrétionnaire de base et inclut une composante de financement non lié à la base. Selon les données du document, la demande totale de financement discrétionnaire pour l'exercice 2026 (y compris les ressources de réconciliation) s'élève à 1.691 trillion de dollars, soit une diminution de 139.9 milliards de dollars (-7.6%) par rapport à l'exercice 2025. Cette réduction globale est principalement réalisée grâce à des compressions importantes des dépenses de base non liées à la défense (-22.6%) et du financement non lié à la base (-64.2%). Parallèlement, les dépenses de base pour la défense restent stables. Si l'on inclut les ressources supplémentaires qui devraient être fournies par une future loi de réconciliation, les dépenses totales de défense (y compris la National Nuclear Security Administration du Département de l'Énergie) augmenteraient de 13.4%, atteignant environ 1011.9 milliards de dollars. La demande budgétaire du Département de la Sécurité intérieure affiche une augmentation particulièrement marquée, avec une croissance de 64.9% après inclusion des ressources de réconciliation, soulignant la priorité accordée à des questions comme la sécurité frontalière.

Le domaine de l'exploration spatiale se voit attribuer une coloration claire de compétition stratégique. La demande budgétaire recentre les priorités de financement de la NASA sur l'objectif de battre la Chine dans la course à la Lune et d'envoyer les premiers humains sur Mars. À cette fin, le budget alloue plus de 7 milliards de dollars à l'exploration lunaire et ajoute 1 milliard de dollars d'investissement pour des projets axés sur Mars. Pour atteindre ces objectifs et respecter la responsabilité budgétaire, le budget prévoit de rationaliser la main-d'œuvre de la NASA, les services informatiques et les opérations des centres, de mettre fin à plusieurs missions jugées trop coûteuses et de réduire les recherches de moindre priorité, entraînant une coupe globale de 24.3% dans le budget des programmes scientifiques de la NASA, présentant ainsi une posture plus allégée.

L'allocation des fonds aux principales agences fédérales dans la demande budgétaire présente des caractéristiques distinctes d'augmentations et de réductions. À l'exception de la Défense, du Département de la Sécurité intérieure et du Département des Anciens Combattants (qui enregistre une augmentation de 17.3% en tenant compte du fonds d'exposition aux substances toxiques), la majorité des départements non liés à la défense font face à des réductions. Parmi celles-ci, la demande de fonds pour le Département d'État et les programmes internationaux est réduite de 83.7% (ou de 47.7% si l'on exclut les projets annulés ou résiliés), l'Agence de protection de l'environnement (EPA) de 54.5%, la National Science Foundation (NSF) de 55.8%, les programmes du Département du Logement et du Développement urbain (HUD) de 43.6%, le Département de la Santé et des Services sociaux (HHS) de 26.2%, et le Département de l'Éducation de 15.3%. Le Département des Transports est l'un des rares départements non liés à la défense à bénéficier d'une légère augmentation (+5.8%).

En résumé, cette demande budgétaire pour l'exercice 2026 est un document politique qui reflète une double logique de concentration stratégique et d'austérité budgétaire. En reconfigurant les ressources, elle place la compétition entre grandes puissances (particulièrement visible dans les domaines spatial et de la défense) et la sécurité frontalière au-dessus des priorités nationales en matière de bien-être social et d'investissement dans la recherche. Sa mise en œuvre finale dépendra des résultats des délibérations du Congrès et des négociations politiques. La présente analyse, strictement basée sur les données brutes et les déclarations politiques du document budgétaire, fournit une base quantitative pour comprendre les orientations politiques potentielles des États-Unis pour le prochain exercice financier.