Situation actuelle et défis de la mise en œuvre de l'accord de cessez-le - feu à Gaza
Sur la base d'une évaluation approfondie du processus de négociation multipartite au début de l'année, analyse des contradictions structurelles du plan de paix de l'administration Trump, des obstacles à sa mise en œuvre, et de son impact potentiel sur l'évolution de la guerre entre Israël et le Hamas ainsi que sur l'architecture de sécurité régionale.
Detail
Published
22/12/2025
Liste des Titres des Chapitres Clés
- Introduction : Un cessez-le-feu tardif n'est pas une solution finale
- Défis à relever : Positions des parties et divergences fondamentales
- Processus de négociation : Demandes clés et contreparties
- Analyse du texte de l'accord : Dispositions de sécurité et cadre politique
- Complexités de la mise en œuvre : De la transition du cessez-le-feu à la gouvernance
- Conclusion : Nécessité du cessez-le-feu et absence de paix durable
Présentation du Document
Ce rapport analyse en profondeur les derniers efforts diplomatiques visant à mettre fin à la guerre Israël-Gaza, en se concentrant sur le plan de paix en 20 points proposé par le président américain Trump. Rédigé début octobre 2025, à un stade crucial des négociations, il vise à évaluer la faisabilité réaliste de ce projet d'accord, les points d'achoppement des différentes parties et les multiples défis stratégiques et opérationnels auxquels sa mise en œuvre sera confrontée. Le rapport souligne que, malgré l'urgence de la communauté internationale à mettre fin à un conflit qui a déjà fait des dizaines de milliers de victimes et le soutien apporté au plan par les principales puissances régionales (à l'exception de l'Iran) et les principaux pays islamiques du monde, sa mise en œuvre réussie reste très incertaine.
La structure du rapport commence par un aperçu du contexte des négociations et du contenu préliminaire du plan, avant de passer à l'analyse des positions des principaux acteurs – le Hamas et le gouvernement israélien. Bien que le Hamas ait exprimé sa volonté de parvenir à un accord, notamment en étant pressé de lancer un échange de prisonniers, il s'oppose fermement à son exclusion de la future gouvernance civile de Gaza et est profondément préoccupé par l'entrée de l'armée israélienne dans les zones qu'il contrôlait auparavant et par l'éventuelle impunité future de ses membres. Le Premier ministre israélien Netanyahu est également confronté à des pressions politiques intérieures, l'accord exigeant qu'Israël cesse ses opérations militaires, libère environ 2000 prisonniers palestiniens et abandonne ses objectifs de contrôle total ou de transfert à grande échelle de la population de Gaza, ce qui va à l'encontre de ses engagements d'avant-guerre.
La partie centrale du rapport décompose en détail les clauses de l'accord et leurs contradictions internes. Le plan exige que le Hamas désarme simultanément et dissolve ses structures de gouvernance, que l'Autorité palestinienne reprenne les services civils à Gaza et qu'une nouvelle force de police et de sécurité sans tache soit finalement établie. Cependant, la feuille de route spécifique pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration reste vague, ne mentionnant que des superviseurs indépendants. Le rapport établit une analogie avec les difficultés de gouvernance en Irak après 2003, soulignant que le démantèlement précipité des structures administratives existantes sans solution de remplacement viable pourrait déclencher des troubles. En outre, la période de transition sécuritaire sera assurée par des patrouilles temporaires de l'armée israélienne jusqu'à ce qu'une force multinationale composée de contributions de pays arabes soit constituée, un processus dont la coordination et le commandement posent de sérieux défis.
Le rapport analyse plus avant l'architecture de mise en œuvre unique de ce plan de paix. Contrairement aux opérations traditionnelles de maintien de la paix des Nations Unies, cette mission n'est pas placée sous le commandement direct de l'ONU. Elle serait plutôt présidée par Trump à la tête d'une Commission de la paix proposée, avec le soutien de personnalités politiques internationales comme Tony Blair. Ce modèle sans précédent manque de modèle établi, et sa relation avec les futures institutions de gouvernance locale à Gaza (comme un comité d'experts palestiniens et internationaux) n'est pas clairement définie. Le rapport met en garde contre le retard inévitable dans l'établissement de ces mécanismes de gouvernance et de sécurité, ce qui pourrait saper leur crédibilité avant même qu'une nouvelle autorité ne soit pleinement formée.
Enfin, le rapport conclut que, bien qu'un cessez-le-feu soit essentiel pour atténuer la catastrophe humanitaire à Gaza et mettre fin à la violence, le plan Trump se concentre principalement sur les arrangements de sécurité post-conflit et la stabilité à court terme, sans aborder les questions politiques fondamentales telles que l'autodétermination palestinienne et la solution à deux États. La reconstruction et le développement de Gaza dépendent du soutien financier massif promis par les pays de la région, mais si les contradictions politiques plus profondes ne sont pas résolues, aucune paix ne pourra être durable. Le rapport estime que les négociations de Charm el-Cheikh constituent une opportunité clé pour mettre fin à un conflit prolongé, mais leur succès dépend non seulement de la signature d'un accord de cessez-le-feu, mais aussi de la réalisation réussie de la transition politique et sécuritaire complexe et ardue qui suivra.