Dé-hamassisation de la bande de Gaza : tirer des leçons des modèles de déradicalisation occidentaux et arabes.
Ce rapport élabore un cadre conceptuel intégré et un plan d'action visant à explorer des voies réalisables pour renverser l'hégémonie idéologique et institutionnelle du Hamas dans l'après-guerre à Gaza, à travers des interventions aux niveaux micro, méso et macro, en combinant des dynamiques de "poussée" et de "traction".
Detail
Published
07/03/2026
Liste des Titres des Chapitres Clés
- Résumé Exécutif
- Introduction
- Chapitre 1 : La Radicalisation – Concepts, Facteurs et Mécanismes
- Chapitre 2 : La Radicalisation et la Hamasisation dans la Bande de Gaza
- Chapitre 3 : La Dé-Hamasisation comme Cadre Global pour la Désradicalisation de la Bande de Gaza
- Chapitre 4 : Les Modèles Occidentaux de Désradicalisation
- Chapitre 5 : La Désradicalisation dans les Pays Arabes – Modèles et Études de Cas
- Chapitre 6 : De la Radicalisation à la Désradicalisation à Gaza – Recommandations
- Références
Présentation du Document
Ce rapport, publié par l'Institut Israélien pour les Études de Sécurité Nationale (INSS), vise à fournir un cadre d'analyse rigoureux et un plan d'action pour le défi central de l'après-guerre dans la Bande de Gaza : la dé-Hamasisation. Le rapport souligne que depuis la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en 2007, celui-ci a systématiquement implanté son idéologie extrémiste et violente de nationalisme religieux en contrôlant les institutions de gouvernance et de la vie quotidienne telles que l'éducation, la religion, les services sociaux, le secteur public, les médias et les rituels publics. Cela a conduit à un processus profond de Hamasisation de la société palestinienne à Gaza. Le cœur de cette vision du monde est la conviction que le conflit ne peut être résolu que par la destruction totale d'Israël par des moyens violents. Le rapport soutient qu'après les destructions sans précédent causées par la guerre déclenchée par le massacre du 7 octobre, la simple reconstruction des infrastructures physiques ne suffira pas à assurer la stabilité. Une reconstruction durable doit simultanément s'efforcer de remodeler les fondations sociales et humaines, en les détournant de la vision du monde du Hamas vers un cadre idéologique politique plus modéré pour gérer la lutte nationale palestinienne.
Le rapport définit d'abord conceptuellement la radicalisation et la désradicalisation, et souligne que la dé-Hamasisation ne nie pas la légitimité de la lutte politique non-violente palestinienne, mais se réfère spécifiquement à l'éradication de la vision du monde d'une lutte violente et intransigeante visant à détruire Israël. S'appuyant sur la littérature académique, l'étude propose un cadre d'action à plusieurs niveaux : le niveau micro se concentre sur la transformation des identités, attitudes et émotions individuelles ; le niveau méso implique la famille, la communauté et les réseaux religieux ; le niveau macro se concentre sur les institutions de gouvernance, d'éducation, de religion et d'économie. Parallèlement, le rapport analyse deux dynamiques : les facteurs d'expulsion (poussée), qui éloignent les individus de l'idéologie extrémiste et des cadres organisationnels (comme la défaite militaire, la rupture idéologique) ; et les facteurs d'attraction (tirage), qui attirent les individus vers des orientations plus modérées (comme offrir des perspectives politiques et économiques, cultiver des normes civiques et religieuses modérées).
Pour tirer des leçons, le rapport mène une étude comparative approfondie de cas. D'une part, il examine les modèles occidentaux de désradicalisation menés par les États-Unis, incluant des succès comme l'Allemagne d'après-guerre (effondrement et remodelage de la culture politique) et le Japon (continuité institutionnelle et transformation idéologique), ainsi que des cas aux limites ou des échecs comme l'Irak (exclusion et ressentiment), l'Afghanistan (fragmentation sans transformation) et la Bosnie-Herzégovine (préservation des récits existants et ségrégation). Le rapport note que bien que les modèles occidentaux soient instructifs, leur succès dépend souvent de conditions spécifiques difficiles à reproduire dans le contexte de Gaza, comme l'occupation totale du pays vaincu et la destruction complète de l'ancien régime.
D'autre part, le rapport introduit de manière innovante une étude systématique de cas de désradicalisation dans les pays arabes, incluant les Émirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite, l'Égypte, le Maroc, la Jordanie et la Tunisie. Ces cas démontrent des approches globales, dirigées par l'État, combinant des mesures de sécurité avec des réformes socio-économiques, religieuses et éducatives étendues. Leurs caractéristiques communes incluent : l'utilisation d'autorités religieuses locales pour remodeler un discours religieux modéré ; la combinaison des programmes de désradicalisation avec une formation professionnelle et des incitations économiques ; et la participation approfondie des agences de sécurité dans la surveillance, la réhabilitation et la réintégration. Le rapport estime que le modèle arabe, en raison de sa proximité culturelle, religieuse et géographique, pourrait offrir des leçons plus pertinentes et réalisables pour Gaza que le modèle occidental.
Sur la base de l'analyse théorique et des études de cas ci-dessus, et en tenant compte des caractéristiques uniques de la Bande de Gaza – incluant son traumatisme collectif profond, sa crise structurelle, la présence continue du Hamas en tant qu'acteur politique local dominant, et l'environnement décisionnel international post-conflit susceptible d'impliquer de multiples parties comme les États-Unis, le Qatar, la Turquie et l'Égypte – le rapport propose dans son dernier chapitre des recommandations spécifiques pour Gaza. Ces recommandations visent à construire un plan d'action intégré pour faire évoluer la société de Gaza de la Hamasisation vers une paix et une stabilité durables, grâce à des perspectives politiques crédibles, une reconstruction à grande échelle, un cadre religieux et social alternatif médié par des acteurs locaux crédibles, et une large participation des pays arabes. Le rapport souligne que la réalisation de la dé-Hamasisation est dans l'intérêt crucial d'Israël pour obtenir sécurité et stabilité civile, faute de quoi les ruines de Gaza pourraient engendrer une nouvelle génération d'extrémisme intransigeant hostile à Israël.