Impact potentiel de la Stratégie de Sécurité Nationale de 2023 : la priorisation du Département de la Défense envers l’hémisphère occidental et la Chine.
Ce rapport analyse l'évolution des priorités régionales dans la Stratégie de sécurité nationale annuelle des États-Unis, évalue son impact potentiel sur la stratégie du Département de la Défense, le déploiement des forces, les acquisitions d'équipements et les relations avec les alliés, et examine les questions de surveillance et de législation auxquelles le Congrès est confronté.
Detail
Published
07/03/2026
Liste des titres des chapitres clés
- Comparaison de la Stratégie de Sécurité Nationale 2025 avec les stratégies antérieures
- Impacts potentiels sur le Département de la Défense
- Redéploiement des forces
- Acquisitions liées à la défense du territoire national
- Acquisitions visant un avantage militaire contre la Chine
- Défis potentiels et tendances existantes pour la mise en œuvre
- Problématiques pour le Congrès
Présentation du document
Ce rapport vise à analyser le changement de priorités régionales esquissé par la Stratégie de Sécurité Nationale 2025 des États-Unis et ses impacts potentiels sur la stratégie, la planification, les programmes et les opérations du Département de la Défense. Cette stratégie marque un ajustement significatif des priorités de la politique étrangère américaine, susceptible d'entraîner des changements profonds dans l'allocation des ressources de défense, la présence militaire mondiale et les relations avec les alliés.
Le rapport commence par comparer les similitudes et différences entre la stratégie 2025 et les stratégies précédentes de l'administration Biden et de la première administration Trump. Contrairement aux stratégies de 2017 et 2022 qui mettaient l'accent sur la compétition entre grandes puissances avec la Chine et la Russie, la stratégie 2025 propose explicitement de défendre le territoire national en restaurant la prééminence américaine dans l'hémisphère occidental par la réaffirmation et l'application de la Doctrine Monroe, tout en menant une compétition économique et militaire avec la Chine dans la région indo-pacifique. Elle identifie comme éléments centraux de la défense du territoire la réponse aux migrations de masse, au trafic de drogue, aux invasions étrangères régionales, ainsi que la défense contre les menaces aériennes complexes en utilisant le système de défense antimissile Aegis Ashore. En comparaison, l'accent mis sur la compétition avec la Russie, la menace potentielle russe pour la sécurité européenne, et la compétition avec la Chine et la Russie au Moyen-Orient et en Afrique est réduit.
Sur la base du texte stratégique, le rapport analyse systématiquement ses impacts potentiels sur le Département de la Défense, principalement dans trois domaines : Premièrement, le redéploiement global des forces, qui pourrait impliquer une réduction du personnel et des équipements militaires en Europe et au Moyen-Orient, avec une augmentation correspondante dans l'hémisphère occidental et/ou la région indo-pacifique, et pourrait nécessiter la construction ou l'expansion d'infrastructures de bases sur le territoire national. Deuxièmement, un changement de priorité dans les acquisitions, où les projets de défense du territoire (comme les systèmes de défense antimissile, les capacités de surveillance maritime et aérienne) et les équipements visant à obtenir un avantage militaire contre la Chine seront prioritaires. Ces derniers incluent spécifiquement des plateformes et armes à longue portée, habitées ou non, capables d'opérer efficacement en dehors du système chinois d'interdiction/refus d'accès (A2/AD), des plateformes capables d'opérer efficacement à l'intérieur de ce système (comme les sous-marins), ainsi que des capacités logistiques à longue portée soutenant les opérations dans le Pacifique occidental. Parallèlement, le développement et l'acquisition de systèmes terrestres plus adaptés au théâtre européen (comme les véhicules de combat blindés, l'artillerie à tube) pourraient être rétrogradés.
Le rapport souligne que, malgré des intentions stratégiques claires, les objectifs des différentes administrations de réduire la présence militaire dans des régions spécifiques ont souvent été confrontés à des défis en raison d'engagements internationaux et de crises soudaines. Par exemple, les obligations conventionnelles des États-Unis envers l'OTAN pourraient limiter les réductions de troupes en Europe. Cependant, le rapport note également que certains changements potentiels (comme le transfert de navires de la Marine vers le Pacifique, le déploiement par l'Air Force d'avions de combat avancés dans le Pacifique, le développement par l'Armée de terre et le Corps des Marines de missiles antinavires basés à terre) avaient déjà été initiés avant 2025 et pourraient se poursuivre ou s'accélérer sous la nouvelle stratégie.
Enfin, le rapport identifie pour le Congrès les questions clés de supervision et de législation. Celles-ci incluent l'évaluation de l'impact des augmentations et réductions de forces sur la stabilité de la dissuasion dans chaque théâtre, les relations avec les alliés et la capacité des États-Unis à répondre aux crises régionales ; l'examen des impacts à court et long terme du changement de priorités d'acquisition sur la base industrielle de défense ; la considération de savoir si le Congrès est suffisamment informé, via la Stratégie de Sécurité Nationale, la Stratégie de Défense, etc., des objectifs politiques globaux et de la stratégie de défense du gouvernement ; et l'analyse de l'alignement des demandes budgétaires présidentielles avec la stratégie, afin de décider si et comment financer les capacités et activités liées à la mise en œuvre de la stratégie (ou d'autres priorités du Congrès). Basé sur l'interprétation du texte de la Stratégie de Sécurité Nationale 2025, ce rapport vise à fournir une base d'analyse objective et professionnelle pour les décisions du Congrès.