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La défense britannique renouvelle son intérêt pour l'Arctique

Sur la base du document de recherche de la bibliothèque de la Chambre des communes britannique en 1999, cet article analyse la transformation géostratégique de l'Arctique, les principales politiques nationales et les dynamiques militaires, et leurs implications pour la stratégie de sécurité et de défense britannique.

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Published

22/12/2025

Liste des titres des chapitres clés

  1. Tendances générales dans la région arctique
  2. Changement climatique, ressources naturelles et ouverture de nouvelles routes commerciales
  3. Une nouvelle ère de compétition plutôt que de coopération ?
  4. Les priorités de la Russie dans l'Arctique
  5. Les priorités des États-Unis dans l'Arctique
  6. Le rôle de la Chine dans l'Arctique
  7. L'OTAN et la région du Haut-Nord
  8. La pertinence de l'Arctique pour les intérêts de sécurité nationale du Royaume-Uni
  9. Stratégie et capacités de défense du Royaume-Uni
  10. La prochaine évaluation stratégique de la défense

Présentation du document

Ce rapport est un briefing de recherche publié en mai 2025 par la Bibliothèque de la Chambre des communes du Royaume-Uni. Il vise à analyser systématiquement la transformation géopolitique en cours dans la région arctique et son impact profond sur les politiques de défense et de sécurité du Royaume-Uni. Le rapport indique que l'Arctique évolue d'une zone de coopération à haute latitude et basse tension vers un foyer de compétition accrue entre grandes puissances et de militarisation. Le moteur fondamental de cette transformation est la fonte des glaces due au changement climatique, qui ouvre non seulement de nouvelles routes maritimes et opportunités économiques, notamment pour l'accès à des ressources minérales critiques comme les terres rares, mais augmente aussi considérablement la valeur stratégique et militaire de la région.

Le rapport est structuré de manière rigoureuse. Il commence par passer en revue les tendances générales de la région arctique, incluant l'impact accéléré du changement climatique (le réchauffement de l'Arctique est quatre fois plus rapide que la moyenne mondiale), les réserves abondantes de pétrole, de gaz et de ressources minérales critiques, ainsi que les nouvelles voies commerciales progressivement praticables en raison du retrait de la banquise, comme la Route maritime du Nord. Ensuite, le rapport analyse en profondeur les stratégies et activités des acteurs majeurs dans la région : la Russie considère ses intérêts arctiques comme centraux pour sa sécurité nationale, renforçant continuellement sa Flotte du Nord et modernisant ses infrastructures militaires ; les États-Unis, bien que recherchant la paix et la stabilité régionales, ont manifesté un vif intérêt pour le Groenland et poussé au développement des ressources de l'Alaska sous un second mandat Trump ; la Chine, se qualifiant d'État « proche de l'Arctique », cherche des intérêts stratégiques dans l'accès aux ressources et aux voies maritimes arctiques via sa coopération avec la Russie ; tandis que l'OTAN considère la région du Haut-Nord comme cruciale pour sa défense collective et a renforcé sa position géopolitique dans la zone suite aux adhésions de la Finlande et de la Suède.

Pour le Royaume-Uni, le rapport souligne que bien qu'il ne soit pas un État arctique, il se considère comme le plus proche voisin de la région. Les développements dans l'Arctique ont des conséquences directes pour la sécurité euro-atlantique et la position du Royaume-Uni. La sécurité du « Gap Groenland-Islande-Royaume-Uni » (GIUK Gap) revêt une importance stratégique particulière pour le Royaume-Uni, constituant un passage clé pour la Flotte du Nord russe vers l'Atlantique Nord et une voie essentielle pour les câbles sous-marins transatlantiques. Cependant, le ministère de la Défense britannique ne dispose pas de capacités ou de forces dédiées spécifiquement à la défense du Haut-Nord. Il s'appuie plutôt sur des actifs interarmées pour projeter de la force si nécessaire et coopère avec ses alliés via des cadres multilatéraux comme l'OTAN et la Joint Expeditionary Force. Des comités pertinents de la Chambre des Lords ont exprimé des préoccupations concernant le manque de capacités dédiées du Royaume-Uni pour les opérations arctiques et l'insuffisance des ressources pour maintenir une présence de sécurité significative dans la région.

Enfin, le rapport mentionne que le gouvernement travailliste britannique, arrivé au pouvoir en juillet 2024, a lancé un nouvel examen stratégique de la défense, dont les conclusions sont attendues au printemps 2025. Bien que les termes de référence de l'examen ne mentionnent pas explicitement la région du Haut-Nord, ils prévoient d'examiner les options pour renforcer la sécurité nationale. Le gouvernement britannique a déclaré que l'examen stratégique de la défense définira l'orientation stratégique de la défense pour la prochaine décennie. Le Royaume-Uni s'engage à maintenir une posture de défense cohérente dans la région, à défendre et soutenir ses alliés si nécessaire, et à contrer les activités malveillantes et déstabilisantes qui menacent ses intérêts et ceux de ses alliés. Ce briefing, basé sur un large éventail de sources publiques, de documents gouvernementaux et d'analyses de think tanks, offre aux parlementaires, décideurs politiques et chercheurs spécialisés une évaluation complète et à jour de la dynamique de sécurité arctique et des options politiques pour le Royaume-Uni.