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La Chine à la croisée des chemins : le soutien continu à l'électricité au charbon érode le leadership national en énergie propre

À partir des données de suivi mondial des projets de charbon en 2022, analysez la disposition du financement, les caractéristiques techniques et l'impact sur le paysage énergétique international de la Chine dans les projets de charbon de 100 GW.

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Published

23/12/2025

Liste des titres des chapitres clés

  1. Résumé exécutif
  2. Introduction
  3. Le financement du charbon en Chine
  4. Profils nationaux
  5. Bangladesh
  6. Vietnam
  7. Afrique du Sud
  8. Pakistan
  9. Indonésie
  10. L'expansion de la finance verte en Chine
  11. Conclusion
  12. À propos des auteurs

Présentation du document

En 2017, la Chine s'est imposée comme l'un des principaux prêteurs mondiaux dans le domaine des investissements étrangers en énergies propres, tout en établissant une position de leader mondial dans la promotion de son agenda national de décarbonation. Cependant, ce processus de financement des énergies propres entre en tension significative avec les investissements continus de la Chine dans les combustibles fossiles, en particulier le charbon, la plaçant à un carrefour crucial de sa stratégie énergétique.

Basé sur les données du "Global Coal Plant Tracker" de juillet 2018, ce rapport analyse projet par projet les centrales au charbon en construction dans le monde pour révéler le rôle central de la Chine dans le financement international du charbon. L'étude montre que les institutions financières et les entreprises chinoises se sont engagées ou ont proposé de financer des projets de centrales au charbon d'une capacité totale d'environ 102 GW dans 27 pays, pour un montant total d'environ 35,9 milliards de dollars américains. Cela représente plus d'un quart (26%) de la capacité totale mondiale de charbon en construction en dehors de la Chine, et jusqu'à 35% si l'on exclut l'Inde.

Le rapport détaille les sources de financement, la distribution des projets et les caractéristiques techniques du financement chinois du charbon : le financement provient principalement de banques politiques comme la China Development Bank et l'Export-Import Bank of China, ainsi que de banques commerciales d'État comme la Bank of China et l'Industrial and Commercial Bank of China. Les principaux acteurs d'exécution sont des entreprises d'État telles que State Grid et China Energy Engineering Group, impliquant divers modèles de coopération comme l'EPC (Engineering, Procurement, and Construction), la copropriété et le BOO (Build-Own-Operate). Sur le plan technologique, les technologies ultra-supercritiques représentent 38%, les supercritiques 35% et les subcritiques 23%. Bien que cette répartition soit une amélioration par rapport à la période 2001-2016 dominée par la technologie subcritique, elle reste en retard par rapport aux normes techniques des marchés strictement réglementés.

En termes de distribution nationale, le Bangladesh est le pays bénéficiant de la plus grande capacité de soutien financier chinois pour le charbon, suivi du Vietnam, de l'Afrique du Sud, du Pakistan et de l'Indonésie. La plupart des projets en sont au stade de pré-construction et font face à de multiples risques tels que l'approbation des permis, l'opposition des communautés et la volatilité des taux de change. Parallèlement, les institutions financières mondiales s'éloignent de plus en plus du secteur du charbon. La Banque mondiale, la plupart des banques multilatérales de développement et les agences de crédit à l'exportation des pays de l'OCDE ont limité ou cessé le financement du charbon. Le Japon et la Corée du Sud ont également signalé leur intention de se retirer du financement du charbon, isolant de plus en plus la Chine dans ce domaine.

Le rapport souligne la dualité des investissements énergétiques de la Chine dans le cadre de l'initiative "Belt and Road" : d'une part, elle a stimulé des exportations d'équipements solaires d'une valeur de 8 milliards de dollars, aidant la Chine à devenir le premier exportateur mondial de produits et services environnementaux ; d'autre part, entre 2014 et 2017, 36% du financement dans le secteur de l'électricité de la "Belt and Road" est allé au charbon, contre seulement 11% pour le solaire et l'éolien. L'Agence internationale de l'énergie prévoit que les énergies renouvelables représenteront 60% de la nouvelle capacité de production électrique mondiale d'ici 2022 et domineront au cours des deux prochaines décennies. Le soutien continu de la Chine aux projets de charbon risque non seulement de piéger les pays hôtes dans une dépendance structurelle à coût élevé et à forte intensité carbone, mais crée également un décalage avec les engagements climatiques de l'Accord de Paris.

Sur la base de cette analyse, le rapport recommande à la Chine de réexaminer sa stratégie de financement pour les mines de charbon, les centrales électriques et les infrastructures portuaires et ferroviaires associées. Elle devrait s'appuyer pleinement sur sa position de leader mondial dans le domaine des énergies renouvelables, s'aligner sur la tendance mondiale de la transition énergétique et réaliser un développement synergique de sa stratégie énergétique.