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Appel téléphonique entre Trump et Poutine : des inquiétudes généralisées et des espoirs de paix faibles

Focus sur l'appel téléphonique entre les dirigeants américains et russes et son impact profond sur le conflit russo-ukrainien, l'expansion de l'OTAN vers l'est, ainsi que les implications politiques pour l'ordre de sécurité européen.

Detail

Published

23/12/2025

Liste des titres des chapitres clés

  1. Le virage de la politique américaine envers l'Ukraine
  2. Les raisons fondamentales préoccupantes
  3. L'exclusion de l'Ukraine du lancement des négociations
  4. Les concessions majeures des États-Unis à la Russie
  5. La reconnaissance publique des pertes territoriales ukrainiennes
  6. La logique géo-économique du soutien américain à l'Ukraine
  7. Les facteurs positifs dans la situation
  8. L'indispensabilité des États-Unis et de l'Europe dans les négociations
  9. Les demandes maximales de Poutine et l'impasse des négociations
  10. Les risques politiques potentiels de l'administration Trump
  11. Le carrefour européen : le transfert des responsabilités de sécurité
  12. Les stratégies de réponse et le renforcement des capacités de l'Europe

Présentation du document

En février 2025, une longue conversation téléphonique entre le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine, ainsi que l'exposition publique par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth de la nouvelle position américaine sur la politique européenne, ont suscité une attention internationale accrue concernant l'évolution du conflit russo-ukrainien et l'ordre de sécurité européen. Ce rapport se concentre sur cet événement central, analysant en profondeur la logique stratégique derrière le changement de politique américaine et ses impacts en chaîne sur le processus de négociations russo-ukrainiennes, le développement de l'OTAN et l'architecture de sécurité européenne.

Le rapport commence par détailler les manifestations concrètes du virage de la politique américaine envers l'Ukraine : après l'appel, Trump a exprimé le souhait de rétablir des relations amicales entre les États-Unis et la Russie, jurant de mettre fin à la guerre par la négociation. Hegseth a quant à lui clairement indiqué que le retour de l'Ukraine à ses frontières de 1991 était irréaliste, s'est opposé à toute nouvelle expansion de l'OTAN vers l'est, a proposé que les accords de paix soient garantis par les puissances européennes et non américaines, sans appliquer la clause de défense collective de l'OTAN, tout en soulignant que la priorité stratégique des États-Unis se situe dans la région indo-pacifique. Ces déclarations s'inscrivent dans la continuité des positions défendues par Trump depuis des mois, privilégiant "la recherche prioritaire de la paix plutôt que la victoire de l'Ukraine" et estimant que "l'Europe devrait assumer un plus grand fardeau de défense".

En analysant les facteurs d'inquiétude, le rapport souligne que l'exclusion de l'Ukraine et des alliés européens de la phase initiale des négociations affaiblit considérablement la marge de manœuvre de Kiev. Les États-Unis ont fait plusieurs concessions clés à la Russie avant même le début des négociations, notamment l'abandon de la politique de "porte ouverte" de l'OTAN et le rejet de la responsabilité de garant des accords de paix, qui correspondent aux demandes de longue date de la Russie. La reconnaissance publique par Hegseth des pertes territoriales ukrainiennes porte un coup supplémentaire à la norme internationale fondamentale de l'intégrité territoriale. Parallèlement, la logique centrale du soutien américain à l'Ukraine s'oriente vers des intérêts géo-économiques, à savoir l'accès aux ressources minérales de l'Ukraine, plutôt que vers des considérations stratégiques et normatives. Ces facteurs exacerbent collectivement le risque d'isolement de l'Ukraine.

Le rapport examine également les facteurs positifs de la situation : sans la participation active de l'Ukraine et de l'Europe, aucun accord de paix substantiel ne peut être atteint. Les vives protestations des pays européens ont démontré leur détermination à obtenir une place à la table des négociations, et Trump a par la suite donné des assurances à ce sujet. Les demandes maximales de Poutine (incluant le démantèlement du système de sécurité européen dominé par l'OTAN, la limitation des contacts entre l'Occident et les pays voisins de la Russie, la neutralisation et la démilitarisation de l'Ukraine) dépassent le cadre acceptable pour les États-Unis et pourraient conduire à une impasse dans les négociations. De plus, si un accord défavorable à l'Ukraine était conclu, l'administration Trump ferait face à un sérieux contrecoup politique. Ces éléments introduisent une certaine incertitude dans la situation.

Enfin, le rapport indique que la tendance des États-Unis à réduire leurs engagements en matière de sécurité européenne est désormais claire, et que l'Europe se trouve à un carrefour crucial. Face à cette réalité, le rapport cite les propositions du président français Emmanuel Macron, estimant que la meilleure réponse pour l'Europe est de renforcer ses capacités militaires, financières et diplomatiques, afin de réaliser progressivement un transfert coordonné de la responsabilité de la sécurité continentale des États-Unis vers l'Europe elle-même. Ce processus affectera profondément le futur paysage de sécurité européen et l'évolution des relations transatlantiques.